Tout en saluant une initiative qui a pour objectif de diminuer le nombre d’avortements chez les lycéennes, Mgr Nicolas Brouwet et M. François de Chaillé contestent l’utilisation du « Pass contraception » dans les lycées de notre diocèse. En effet, la question de la contraception n’est pas une simple question technique ; elle touche aux fondamentaux de l’éducation : éducation à la relation, au sens de la sexualité, à l’usage de la liberté.
Par ailleurs, le « Pass contraception » écarte les parents de leur responsabilité éducative en désignant les infirmières et infirmiers scolaires comme les seuls interlocuteurs des jeunes sur ces questions décisives. Le Conseil Régional s’octroie ainsi un pouvoir qu’il n’a pas.
Mgr Brouwet et M. de Chaillé prient donc les chefs d’établissement de ne pas relayer la demande du Conseil régional.
Aux chefs d’établissement des lycées de l’enseignement catholique
Nanterre, le 9 mai 2011
Madame, Monsieur,
Le Conseil régional d’Ile-de-France met à la disposition des lycéennes et lycéens un chéquier « Pass contraception » pour leur donner « un accès gratuit, anonyme et adapté à la contraception et aux démarches médicales associées ».
Il s’agit, écrit le Président du Conseil Régional d’Ile-de-France, « de favoriser les parcours d’autonomie des mineur-es et de les sensibiliser aux comportements à risque ».
Nous nous réjouissons de la reconnaissance implicite de la gravité de l’avortement (13 230 en 2006 chez les jeunes filles de 15 à 17 ans) que ce texte contient et de la volonté de faire reculer le nombre d’interruptions volontaires de grossesse.[1]
En effet l’avortement, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il a été décidé, reste toujours l’élimination pure et simple d’une vie humaine.
L’Eglise reçoit souvent des confidences et des confessions de femmes et d’hommes qui ont eu recours à l’avortement. Elle sait combien cet acte est souvent vécu comme un drame. La véritable détresse commence non parce qu’une grossesse n’a pas été désirée mais parce qu’on a enlevé à son enfant le droit de vivre.
Nous saluons donc une initiative visant à réduire le nombre des avortements.
Mais nous ne pouvons pas approuver la méthode employée : la formule d’un chéquier induit le sentiment que la contraception est due et que chacun dispose légalement d’un patrimoine contraceptif qu’il peut dépenser à sa guise. Ces chèques sont des chèques en blanc accordés aux jeunes et leur enlevant, de fait, toute responsabilité dans l’usage de la sexualité. (Lire la suite…)









