-Papa… c’est quoi l’avortement ?
-L’avortement, c’est quand on tue des enfants dans le ventre de leur mère…
-Mais…. pourquoi les mamans elles tuent leurs bébés ?
-Parce que souvent elles ont de la peine et elles ne savent pas quoi faire d’autre.
-Et pourquoi on les aide pas ?
-Nous si, c’est pour ça qu’on est allé à Paris en Janvier. Tu te
rapelles, c'était la marche pour la vie ! Mais tu sais, aujourd’hui,
peu de gens veulent aider ces femmes là.
-Tu peux pas les empêcher, toi ?
-Ben non, vois tu, je n’ai pas les pouvoirs pour …
-Ben alors qui c’est qu’a les pouvoirs pour ?
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Je ne savais pas trop où poster ceci :
» X. ne voulait pas être mère mais n’a pas eu l’énergie d’aller contre les normes sociales (toutes les conneries inculquées depuis l’enfance, écrit-elle). Aujourd’hui elle se bat contre sa frustration et nous a transmis avec confiance un témoignage qui dit que la maternité peut faire énormément souffrir.
J’avais commencé à écrire une très longue lettre racontant en détail ma vie pour que vous puissiez comprendre, comprendre comment on peut en arriver là. Et puis je me suis rendue compte que cela n’avait aucune importance car ce que vis une femme dans l’intimité de son triangle ventre-coeur-cerveau, ne peut être compris que par elle-même, et encore.… alors je serai brève. Bientôt 40 ans, une fécondité qui se rit des contraceptifs, cinq enfants et une histoire personnelle qui m’a amené à ne pas avorter alors que tout m’indiquait de le faire sauf mon absence de tripes, de courage pour aller contre toutes les conneries (excusez-moi pour cette impolitesse mais ce mot correspond à ce que je ressens) inculquées depuis l’enfance.
Je n’ai jamais avorté et je le regrette.
Je n’ai jamais pu être une maman pour ces enfants qui n’y sont pour rien, réduite à jouer la comédie de l’amour pour qu’ils puissent quand même grandir sans trop de dégâts. Ce n’est pas que je ne les aime pas, c’est que je suis régulièrement surprise quand ils m’appellent « maman » car je ne suis jamais tombée « amoureuse » de mes bébés. Je les aime comme on aime des amis, des gens qu’on connait bien. Je m’en suis très longtemps voulu, croyant être anormal…
J’aurais voulu prendre le temps de désirer un enfant, d’aimer chaque mouvement dans mon ventre au lieu de les détester, j’aurais voulu être fière de cette graine de vie qui pousse à travers moi au lieu de me sentir violée pendant neuf mois et de devoir taire la rage et la honte de n’être qu’un pantin en la masquant derrière une béatitude feinte de bon aloi. J’aurais voulu que cet enfant lise de la fierté dans mes yeux plutôt que de l’indifférence poli, j’aurais voulu qu’il se sente aimé pour qu’il soit sûr de mériter d’être aimé et savoir aimer à son tour. J’aurais voulu pouvoir prendre le temps de caresser mon ventre en rêvassant au lieu de devoir toujours courir pour nourrir toutes les bouches qui dépendent de moi, j’aurais voulu pouvoir faire un vrai métier au lieu de devoir courir de petits boulots épuisants en petits boulots qui te ravalent en sous-humanité juste pour pouvoir garder la tête hors de l’eau. J’aurais voulu me sentir bien dans ma peau, épanouie plutôt que de n’être qu’une machine sans âme ni lendemain.
Et marre qu’on me dise que j’ai du courage lorsque on apprend que j’ai cinq enfant! Ce n’est pas du courage c’est de la lâcheté…
Mais il parait qu’il ne faut pas dire ce genre de chose.…
Je n’ai jamais avorté et je ne vais pas bien du tout.
Je voudrais revenir en arrière, rembobiner le film, mais c’est impossible. Alors je vais continué à avancer parce que il le faut, parce que ces cinq mômes je ne les laisserai pas tomber car ils ne sont pas responsable des choix que j’ai fait de les laisser exister lorsque tout aurait pu s’arrêter avant qu’ils ne soient des « quelqu’un » à part entière. Mais je vous jure que quand je vois des gens qui osent prétendre mieux savoir que les principales intéressées ce qui est bons pour elles, je devient verte de rage et toute la frustration accumulée par ces années menacent de déborder en faisant d’énormes dégâts !
Témoignage trouvé sur ce site : http://blog.jevaisbienmerci.net/
Celui-ci nous démontre que la maternité ne garantie ni le bonheur des enfants ni celui de la mère et que, dès lors, l’avortement ne semble pas immoral mais généreux et altruiste.