Les Jeunes avec Gollnisch (JAG) font remarquer que, dimanche,
1/ Nul part dans son discours Marine le Pen n’a fait allusion à la défense des valeurs familiales. Sont-elles définitivement absente de son « logiciel », étrangères à sa culture politique ? En affirmant dimanche qu’ « il n’existait qu’une seule communauté, la communauté nationale », Marine le Pen suggère que la société repose sur l’addition des citoyens, se rattachant ainsi à une structure de pensée libérale, à rebours du programme frontiste qui affirme que la famille est la première communauté, « la cellule de base de la société ». Cette vision libérale centrée sur l’individu est pourtant facteur de consumérisme et destructrice des valeurs traditionnelles dans lesquelles s’enracine notre civilisation. Nous nous étonnons de ce qui nous apparaît alors comme une contradiction : comment peut-on s’opposer au libéralisme économique lorsqu’on souscrit -fût-ce implicitement- à un modèle sociétal libéral dans lequel ne subsistent que l’individu et l’Etat? Car le libéralisme politique et le libéralisme économique, comme le libéralisme éthique, procède du même principe : l’individualisme.
2/ Par ailleurs la France a, hier encore, été rattachée à des valeurs universelles – mais l’identité n’est-elle pas singulière ? – et abstraites – mais la France n’est-elle qu’une idéologie politique, ou bien un concept éculé à l’heure de la mondialisation ? Il existe sans doute des valeurs universelles, mais alors elles ne sont pas singulièrement françaises.
3/ Et précisément, le discours présidentiel d’hier, en définissant la laïcité comme le confinement de la religion à la vie privée, s’interdit de rattacher la nation à des principes supérieurs –à moins que les droits de l’homme et la devise républicaine soient devenues une nouvelle métaphysique : c’est laisser la nation sombrer dans le matérialisme autant que dans l’arbitraire et le positivisme juridique. Invoquer la laïcité contre la prolifération des mosquées, c’est s’interdire du même coup de pouvoir construire des églises en France, c’est encore s’offusquer du caractère ostentatoire de nos clochers et de nos calvaires. Reléguer la religion à la vie privée, et ne vouloir lui conférer aucune expression publique, c’est renier 1500 d’histoire de France où le christianisme a pénétré notre civilisation, notre philosophie, notre calendrier, notre tissu social, nos traditions. Cette conception de la laïcité, qui n’est pas une juste distinction entre le domaine temporel et le domaine spirituel, mais bien une séparation des deux sphères là où l’islam les confond toutes les deux, est donc, au même titre que l’Islam, contraire à l’âme et au génie français.
Aussi, la structure de toute pensée politique doit obéir à une hiérarchie de liens qui repose, en dernier ressort, sur une vision de l’homme considéré comme un sujet éthique, selon la sagesse de la pensée occidentale, digne héritière d’Athènes : l’économie doit donc être subordonnée à la politique, la politique à la morale, et la morale à la métaphysique. Ou l’histoire d’une civilisation…
En hommes libres, les JAG ne croient pas au sens de l’histoire mais en tirent certains enseignements. « Ne nous dispersons pas ! » demandent-ils avec raison aux militants du FN, les scores du MNR et du PDF en tête.
Incarner une tendance minoritaire au sein d’un parti minoritaire (mais surtout pas prêt de gouverner, comme l’admet à demi-mot Marine Le Pen en annonçant refuser par principe les accords avec l’UMP) pour encore très longtemps me paraît cependant peu utile. Autant s’impliquer dans une tendance minoritaire d’un parti qui gouverne. Je pense à l’UMP dont les méthodes de fonctionnement ne sont pas pires que celles du FN. Les prochains combats sont ceux de la défense de la vie et de la famille face aux menaces de l’euthanasie et des parodies homosexuelles du mariage. Si des milliers de catholiques bien formés (j’insiste là-dessus), habiles et prudents s’impliquaient au sein de l’UMP ou de ses partis satellites – PCD, CNIP, etc – ces prochaines années, il y aurait moyen de bloquer durablement ces funestes projets (tant que la majorité présidentielle gouvernera) et même de participer au renouvellement des élus de la majorité. Donc de faire évoluer progressivement son logiciel. Un travail de longue haleine qui exigerait de la persévérance, de la prière, des mortifications pour éviter la tentation du pouvoir, les compromissions, l’idée de se servir plutôt que de servir. Les causes que nous défendons méritent bien cela, non ?
Thibaud