Le synode des évêques est une occasion bénie pour témoigner des horreurs du monde. Le patriarche de Babylone, Emmanuel III Delly suppliait l’assistance de prier pour les chrétiens d’Irak.
« la situation dans certaines parties de l’Irak est désastreuse et tragique : la vie est un calvaire. Il n’y a ni paix ni sécurité, ni les éléments de base nécessaire à la vie quotidienne »
« Seize de nos prêtres et deux évêques ont été enlevés et relâchés contre une rançon très élevée. Certains s’ajoutent à la liste des nouveaux martyrs qui prient aujourd’hui pour nous au Ciel : l’archevêque de Mossoul, Faraj Rahho, le père Raghid Ganni, deux autres prêtres et six autres jeunes »
Le 7 octobre dernier, trois chrétiens, dont un père et son fils, ont été tué alors qu’ils travaillaient. Alors que l’ensemble du synode a exprimé sa solidarité avec la communauté chrétienne d’Irak, en sachant bien que des applaudissements ne sont pas une consolation.
Mardi matin, dans un registre similaire, Mgr Joseph Nguyên Chi Linh, évêque de Thanh Hóa, était la voix des chrétiens de son pays.
« En tant que chrétien vietnamien, je voudrais répéter cette conviction que dans les persécutions, notre plus grande grâce est la fidélité à la Parole de Dieu »
« Embarqués dans une telle histoire tissée de haine, de guerres idéologiques et de restrictions discriminatoires, nos chrétiens sont de plus en plus convaincus que seule la Parole de Dieu peut les garder dans l’amour, la joie, la paix, la communion et la tolérance »
Il raconte le combat pro-vie que mènent les chrétiens viêtnamiens, même s’ils sont convaincus de crimes par les autorités.
« Il m’est douloureux de vous dire que le Vietnam, jusqu’ici, occupe le premier rang des avortements. Cette catastrophe pourtant, paradoxalement, a suscité le mouvement « pro vita »chez les catholiques, consistant surtout à aller chercher des bébés avortés dans les hôpitaux, les baptiser s’il y a encore un petit signe de vie, de créer des cimetières pour les enterrer ».
« Au début, cet acte a été dénoncé par les autorités civiles et les responsables hospitaliers comme des crimes, et ils ont demandé que les catholiques agissent clandestinement. Maintenant, on n’autorise pas encore, mais on le tolère. Quelques cinéastes en font même des films documentaires et des reporters en font éloge sur les médias ».
Signes d’espoir
L’évêque a également raconté que les conversions qu’engendrent les persécutions. En 1988, après la canonisation de 117 martyrs du Viêt-Nam, des milliers de personnes de toutes origines ethniques ont été baptisés.
« Ce qui est curieux, c’est que plusieurs ont avoué qu’ils ont écouté la Radio Protestante à Manille, aux Philippines, mais se convertissent au catholicisme au Vietnam. Ainsi, les Protestants sèment et les catholiques moissonnent. La Parole de Dieu résonne de très loin, et, parvenant à leurs oreilles, est devenue source d’espérance pour ces gens perdus dans les montagnes, privés de tout et sans avenir ».
Enfin, la canonisation de soeur Alphonsine a été suivie et soutenue par une foule chrétienne, hindoue ou musulmane, à l’heure où les pogroms anti-chrétiens font chaque jour des victimes supplémentaires.
Alors qu’elle était canonisée solennellement au Vatican, la sainte réunissait chrétiens, hindous et musulmans autour de sa tombe à Bharananganam, au Kerala. Malgré les fortes pluies, 50 000 personnes se sont rendues en pèlerinage dans la chapelle qui abrite la dépouille de la religieuse. « Dès la messe de 5 heures du matin, l’église Sainte-Marie était pleine à craquer », témoigne le P. Palackaparambil, coordinateur de l’événement pour le diocèse de Palai.
« C’est la sainte de tous, pas seulement des chrétiens » explique une musulmane. C’est vrai, et l’hommage que fait cette jeune musulmane est une preuve de l’universalité du message chrétien, que transmet son Eglise.
Le jour même de la canonisation, une église était brûlée dans l’Etat du Madyah Pradesh.