Troisième et dernière partie de l’entretien avec l’auteur d’Ondine.
3e partie : Les écrivains catholiques, jeunes et moins jeunes
- Que conseilleriez-vous à un jeune qui aime écrire ?
Je lui conseille d’oser ! Au moins pour son propre plaisir et celui de ses amis. Nous ne serons pas tous Victor Hugo, mais qu’importe !
- Comment se construire un style personnel ?
En travaillant d’arrache-pied, en lisant, corrigeant, acceptant le regard des autres, épurant, cherchant un meilleur mot, le plus proche de sa pensée profonde. En acceptant humblement de jeter une feuille griffonnée, de prendre des vacances, de n’écrire certaines histoires qu’après les avoir mûries pendant quelques années, en acceptant aussi de vieillir et de laisser la vie elle-même nous raboter et nous amener à l’essentiel.
- Vous co-dirigez la collection Défi aux éditions Défi-Carrick. Pour quelles raisons ?
Lorsque la collection s’est recentrée chez Téqui, comme je faisais partie de la première équipe ayant lancé la collection, notre éditeur m’a confié cette responsabilité. J’ai donc accepté, pour permettre que perdure cette collection scoute et familiale.
- Quel est le but de la collection Défi ?
Nous souhaitons proposer aux lecteurs de 9 à 17 ans – voir plus ! – une collection dans laquelle le jeu, l’amitié, le scoutisme, les valeurs chrétiennes sont des piliers fondamentaux. A chaque âge de maturité personnelle correspond des histoires variées, qui parcourent les siècles et les époques, qui vont du récit d’aventure aux récits plus réfléchis comme ceux d’Ondine ou du Choix.
Cette diversité de thèmes et d’âges permet à toute la famille de s’y retrouver. Avec Mademoiselle de Verchères ou Le vol de Bravo-Bravo, les plus jeunes entrent dans une lecture dynamique faite d’aventures et de mystère ; les scouts retrouvent les camps, les grands jeux, les chasses au trésor avec Des blasons pour le Hérisson ou les Roche-Tranchelion ; enfin tous les aventuriers se réjouissent avec nos récits « historiques » où des garçons et filles de leur âge les entraînes dans l’univers des vikings, des courriers de Napoléon, dans l’univers particulier des Kerguelen ( l’excellente trilogie Les Seigneurs rebelles)…Puis, avec Ondine ou Le choix, la profondeur de la réflexion s’accentue, pour le plaisir des plus grands, voir de leurs parents !
- A quelles joies et difficultés êtes-vous confrontée ?
Nous travaillons bénévolement sur cette collection et nous le faisons en plus de notre vie professionnelle et familiale. Cela demande donc un investissement en temps non négligeable. De plus, dans notre monde, les collections qui s’affichent résolument catholiques ne trouvent pas toujours leur place dans cet univers délicat du monde éditorial. Il faut donc parfois batailler fermement pour faire découvrir aux lecteurs qu’il y a autre chose que ce qu’ils trouvent habituellement.
Mais heureusement, nous avons également de grandes joies, comme les rencontres avec les auteurs dont certains deviennent des amis, les heures de travail sur des récits qui nous passionnent, le bonheur de voir des lecteurs qui nous réclament de nouveaux récits, des lecteurs de tous âges qui s’enthousiasment à leur tour et se disent heureux de nos choix. Cela nous permet de voir qu’il y a un lectorat exigeant, qui ne veut pas se contenter de livres baclés, de récits « à la mode », de dessins chaotiques. Nos lecteurs nous poussent à aller de l’avant.
- Quelle est l’importance de romans catholiques ?
C’est délicat à déterminer. En apparence, les romans catholiques sont mineurs. S’ils se déclarent comme tels, du moins. Les lecteurs habitués à ces romans sont eux-mêmes catholiques ou intéressés par les religions et d’esprit ouvert. Mais si la société vit des moments de changements, et si certains traits sont bien noirs, il y a également une soif plus ou moins cachée des hommes vers un ailleurs qu’ils ne savent pas nommer. D’où l’intérêt de romans « non catholiques » en étiquette mais dont les fondements sont sains et chrétiens et de romans catholiques affichés comme tels, de manière à répondre aux différents degrés de curiosité et de soif des gens.
Il y a une place pour le roman catholique « direct ou indirect », à condition de se retrousser les manches en se disant que ce défi doit être relevé ! A vos plumes… !
La première partie de l’interview.
La deuxième partie de l’interview.