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Archive for UE/euro

Nicolas Dupont-Aignan dénonce « le dogme » de l’euro

et le credo des femmes et des hommes politiques français qu’il accuse d’être des idéologues.

Thibaud

Vaclav Klaus veut aider l'Europe à devenir "vraiment démocratique"

avec

La République tchèque a pris le 1er janvier la présidence tournante du conseil européen, succédant à la France. Le président Vaclav Klaus, détesté par les européistes mais qui jouit d’une cote de popularité de plus de 60% dans son pays, a prononcé son discours de vœux devant le drapeau tchèque et les armoiries nationales. A cette occasion, il a répété que s’il n’y avait pas d’alternative à la présence de la République tchèque au sein de l’Union européenne, il y a cependant de nombreuses méthodes et formes de construction européenne.

« Il n’y a pas d’alternative à notre intégration à l’Union européenne et il n’est pas honnête d’insinuer que nous ayons une attitude opposée. Cependant les méthodes et les formes d’intégration européenne peuvent être très variées. Certaines d’entre elles ouvrent la voie vers un monde plus libre, d’autres vers un monde moins libre. Les élections au Parlement européen en juin prochain pourront contribuer à la recherche d’une organisation rationnelle de l’Europe. Participons-y !», appelant les Tchèques à voter lors de ce scrutin.

« Nous allons avoir l’opportunité certaine d’influencer les opérations de cette institution majeure. C’est notre intérêt de réussir au mieux dans ce rôle, et pas seulement en matière administrative ou d’organisation », a-t-il dit. « Nous voulons aider l’Europe à devenir un espace vraiment démocratique où la décision politique est aussi proche que possible des citoyens, où les politiciens sont responsables vis-à-vis de leurs électeurs et peuvent être contrôlés efficacement. Aussi, nous sommes intéressés par un mécanisme qui permettrait ce contrôle, c’est le cœur de l’actuelle dispute sur le traité de Lisbonne. »

Le Président Klaus a ensuite abordé la question de la crise financière et ses retombées sur l’économie. D’après Václav Klaus nous pouvons et devons éviter la crise mais nous ne pouvons pas éviter ses conséquences car nous sommes une économie ouverte qui dépend de ses exportations. La crise ne sera pas conjurée par des interventions exagérées et irréfléchies dans les mécanismes économiques qui sont déjà responsables de la situation actuelle.

Et Václav Klaus de constater que l’année qui commence sera plus difficile pour le gouvernement et pour l’ensemble de la société tchèque. « Nous avons besoin d’un gouvernement fort, solide et efficace qui sera amical vis-à-vis des citoyens, qui ne sera pas hautain et ne limitera pas leurs possibilités par de nombreuses mesures et interdictions bureaucratiques, un gouvernement qui saura communiquer avec les citoyens et qui leur donnera l’impression d’être leur gouvernement.»

Le discours du président a suscité des réactions plutôt favorables sur la scène politique tchèque. Les hommes politiques le qualifient de « modéré », d’« équilibré », de « classique » ou de «plutôt général». D’autres reprochent à Václav Klaus de ne pas être assez concret. Le chef du Parti des Verts et ministre de l’Environnement Martin Bursík estime, lui, qu’il s’agit d’un tournant intéressant dans l´attitude du président. De l’avis de Martin Bursík, un discours neutre et peu concret vaut mieux qu’un discours provocateur, conflictuel et destructif.

De son côté, le Premier ministre Mirek Topolanek (qui est le président du Conseil européen) a déclaré que « le traité de Lisbonne n’est pas précisément une des priorités de notre présidence ». Il pense que la République tchèque ratifiera le traité pendant cette présidence, mais que « si elle ne le fait pas, ce ne sera pas mortel »…

Funeral Arrangements – Paul M. Weyrich

Wake: Sunday, December 21, from 5-8 PM

(6:30 PM – Trisagion Prayers)

HOLY TRANSFIGURATION MELKITE CHURCH

8501 Lewinsville Road, McLean, VA 22102

(703) 734-9566

Funeral: Monday, December 22, at 10 AM

HOLY TRANSFIGURATION MELKITE CHURCH

Burial: Following the funeral

FAIRFAX MEMORIAL PARK

9900 Braddock Rd, Fairfax, VA 22032

(703) 323-5202

After the burial: The Weyrich family will host an agape meal at

HOLY TRANSFIGURATION MELKITE CHURCH

Contributions to the honor and memory of Paul Michael Weyrich

should be made to the Holy Transfiguration Melkite Church.

For additional information: Contact Peter Weyrich at 202-744-6646.

# Everyone is Welcome #

Nicolas Sarkozy : eurofédéraste béat

Dans son dernier discours devant le Parlement européen en tant que Président de l’UE, Nicolas Sarkozy a déclaré :

« Lorsqu’on a la chance pendant six mois de connaître et d’avoir à trancher des problèmes de 27 pays, on gagne en tolérance, on gagne en ouverture d’esprit et on comprend que l’Europe, c’est sûrement la plus belle idée qui ait été inventée au XXe siècle et que l’Europe, on en a plus que jamais besoin. »

UE : on est mal Barrot

Le commissaire européen chargé de la justice et des libertés et vice-président de la Commission européenne Jacques Barrot est scandalisé :

« Si une union est reconnue par un État membre, alors un autre État membre devrait en principe reconnaître cette union »

Et tant pis si l’Etat membre en question, le premier à avoir légiféré en faveur du « mariage » homosexuel et de l’adoption, j’ai cité les Pays- (vraiment) Bas, est complètement dégénéré. Tant pis pour la démocratie aussi, mais ça, Frère Jacques du Petit Occident nous a déjà montré qu’il s’en fichait :

 

Paris : la Maison de l'Europe investie par des indépendantistes français

EXCLUSIF

Le Réseau France Indépendante communique :

Le vendredi 12 décembre 2008, pendant le Conseil Européen, des militants du RFI (Réseau France Indépendante) ont investi LA MAISON DE L’EUROPE, un centre européen de propagande situé en plein de cœur de Paris.

Ce coup d’éclat a été motivé par les violations permanentes des principes démocratiques dont se rendent responsable les partisans et les dirigeants de l’Union Européenne.

Cette manifestation coup de poing, rythmée par le craquement des fumigènes, fut organisée afin de protester contre la dictature de Bruxelles qui, mécontente du vote Irlandais, vient de décider, Jeudi 11 décembre 2008, de refaire voter les Irlandais d’ici novembre 2009.

Pour la défense des libertés, le respect du vote des Irlandais et pour la France, le RFI, qui défend les principes d’indépendance nationale, s’engage à faire tout ce qu’il faudra pour faire comprendre à Bruxelles qu’on ne se joue pas des peuples impunément.

Le traité de Lisbonne est mort ; Vive les peuples libres.

France lève toi,

France soulève toi,

France reprend ton indépendance.

R.F.I.

Ireland will re-run the same treaty with no legal changes

by Jens-Peter Bonde

The EU Summit in Brussels finished on time. The Irish government formally betrayed its people by accepting to have a new referendum on exactly the same text which was rejected 12 June by 53,4 % of the Irish voters.

They also accepted a decision to bring the Lisbon treaty into force from 1 January 2010 even if it has been rejected. Thereby they have already concluded that a second referendum will be a « yes ».

The Irish voters can chose between « Yes » and « Yes please » – the Lisbon Treaty will be put in force no matter their preference.

The government has obtained only one real concession. There must be a commissioner from each Member State. But it will be up to the majority of EU leaders to decide who shall be representing each Member State.

There will be nothing changed in the Treaty concerning this matter.

There is also talk of so-called ‘legal guarantees’ for sensitive issues from the Irish debate. But legal guarantees have to be ratified to become truly « legal » by the other Member States. There is however no further discussion on a re-vote on the Lisbon Treaty by other countries.

Then they have aired a possibility for making such guarantees legally binding in the next treaty. Well, this is only possible if they insert these promises in the existing treaties.

The reality is that the Irish government simply plans to make declarations against some possible interpretations of the Treaty. They could state, for example, that nothing in the Lisbon Treaty will include provisions for conscription to an European army.

I heard this argument only one time during my many meetings in Ireland. It was the foreign minister who brought it on television as a « No » argument! I never heard it from « No » persons.

Such declarations will in fact change nothing. The Irish voters will therefore be asked to vote on the same treaty twice while voters in other countries are not allowed to vote for it once.

This is very bad for the feeling of belonging to a democracy. The EUDemocrats will urge the governments to bring the Lisbon Treaty to a referendum in all Member States instead of asking the Irish to vote twice on the same issue. And, why not, have it all together with the European Parliament Elections between 4-7 June next year.

Or even better: let us establish a short and readable treaty which can be read by prime ministers before they sign it. The Lisbon Treaty has not been read by any of the Prime Ministers when they signed it and we don’t think it likely that they have looked upon it since.

Source (via).

Engagez-vous !

Les Jeunes pour la France, où militent les jeunes engagés au Mouvement pour la France (site) de Philippe de Villiers ont produit un clip pour les prochaines élections européennes :

Villiers et Le Pen dénoncent le second référendum en Irlande

Communiqué

Philippe de Villiers dénonce la décision prise, par le sommet européen, d’organiser un second referendum en Irlande. Cette décision est un vrai déni de démocratie et un manque total de respect du peuple irlandais.

Comment peut on accepter de faire revoter un peuple sous le seul prétexte que le premier résultat ne satisfait pas les élites bruxelloises ? Elles souhaitent imposer, une fois de plus, une Europe que les peuples ne veulent pas et ce au prix de la démocratie. Le peuple irlandais, comme l’ensemble des peuples européens, n’a pas à se faire dicter sa volonté par Bruxelles.

Philippe de Villiers demande à Nicolas Sarkozy de faire un geste hautement symbolique à l’occasion de la fin de la présidence française : la reconnaissance de la caducité du traité de Lisbonne qui découle directement du non irlandais.

Le site du Mouvement pour la France.

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Communiqué de Jean-Marie Le Pen

Le Conseil européen a entériné le « compromis » concocté par les fonctionnaires de Bruxelles et le gouvernement irlandais, par lequel ce dernier s’engage à organiser un nouveau référendum où les Irlandais devront dire l’année prochaine le contraire de ce qu’ils ont dit cette année.

Pour cela, de prétendues garanties seront données aux Irlandais sur les questions de défense, de politique fiscale, familiale et de bioéthique. Cela sera fait par le moyen de « déclarations » annexées au traité, qui n’engagent que ceux qui les demandent.

Pour que l’Irlande conserve son commissaire européen, le compromis affirme que la Commission européenne continuera d’avoir un membre par Etat. Mais il renvoie à plus tard les modalités de cette décision, car on n’a pas encore trouvé le tour de passe-passe juridique qui permette de formaliser cette innovation explicitement contraire au traité de Lisbonne.

Ils en sont à violer leur traité avant même sa ratification et son entrée en vigueur. Car leur obsession est d’avancer coûte que coûte vers le super-Etat européen, contre la volonté des peuples d’Europe, et « contre la nature même de l’Europe », comme le dit très bien le président tchèque Vaclav Klaus.

Le site du Front national

Libertas, c'est parti !

Le site officiel de Libertas

Compte-rendu de la conférence de presse de Declan Ganley jeudi à Bruxelles

Libertas veut faire des Européennes un référendum contre le traité de Lisbonne

Le Président de Libertas, Declan Ganley, a tenu ce jeudi à la mi-journée une conférence de presse devant une bonne centaine de journalistes, depuis le tout nouveau quartier général du mouvement à Bruxelles, à quelques centaines de mètres de la réunion du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement. Il a annoncé que Libertas qui « n’est pas un mouvement eurosceptique mais résolument pro-européen » se lancerait dans la bataille électorale européenne.

Face aux gouvernements européens et à « l’élite irresponsable de Bruxelles » qui s’apprêtent à annoncer un second référendum en Irlande sur le traité de Lisbonne, Ganley et ses candidats Libertas « dans toute l’Europe » entendent « mettre un terme à cette intimidation« . S’agissant du message central des listes Libertas aux Européennes, Ganley indique : « Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voter sur le traité de Lisbonne, ce sera leur référendum ». En France, il a annoncé qu’il comptait notamment sur Philippe de Villiers, « le leader du non français de centre-droit » lors du référendum de 2005.

Pour le leader du « non » irlandais, les Européens sont aujourd’hui à la croisée des chemins: «Si les peuples veulent une Europe forte et saine c’est à dire démocratique et responsable devant eux, ils pourront voter pour les candidats Libertas. S’ils ne veulent pas que l’Europe réussisse ou s’ils sont satisfaits des pratiques antidémocratiques actuelles, qu’ils votent pour un parti en place. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voter sur le traité de Lisbonne, ce sera leur référendum »

Cette annonce de Libertas coïncide avec le sommet européen qui se tient jusqu’à vendredi à Bruxelles, et où le gouvernement irlandais s’apprête à annoncer un deuxième référendum sur le traité de Lisbonne.

Selon Declan Ganley: « Le gouvernement irlandais et l’élite toute-puissante à Bruxelles montrent leur total mépris total envers la décision démocratique du peuple irlandais de rejeter le traité de Lisbonne. Il n’y aura aucun changement dans la soi-disant  »nouvelle version ». Des déclarations juridiquement non contraignantes seront visiblement ajoutées pour tenter de tromper les électeurs. Ils ont essayé avec les Français, ils ont essayé avec les Néerlandais, ils tentent maintenant avec les Irlandais. Il est temps de mettre un terme à cette intimidation. »

Interrogé par un journaliste du quotidien Le Monde sur ses projets en France avec Philippe de Villiers, qualifié d’ « eurosceptique » par l’auteur de la question, Declan Ganley a déclaré qu’il était en effet « proche de Philippe de Villiers, qui est fût au centre-droit, le leader du non français à la Constitution européenne en 2005″. Il a dit souhaiter que celui-ci concoure sous la bannière Libertas pour l’élection européenne et expliqué que Libertas présenterait des candidats représentant « un large éventail de sensibilités« .

Giscard – Cohn-Bendit : d'accord sur tout, sauf sur les éoliennes !

C’est le constat du Parisien.

Face à l’ancien président de la République toujours faux noble, 82 ans, l’ex-révolutionnaire toujours bourgeois devenu député au Parlement européen, 63 ans.

Le thème du « débat » : « Sous les pavés, l’Europe ». Petit clin d’oeil au slogan de Mai 68 (« Sous les pavés, la plage »), année de naissance de l’université de Paris-Dauphine.

Selon Le Parisien, les deux eurofédérastes ont échangé un « regard complice » avant de se serrer la main. « C’est quand même lui qui a levé mon interdiction de séjour ! » a même blagué « Dany le Rouge ».

Plus amusant, Professeur Giscard a donné « 18/20 » à la Banque centrale européenne et aux gouvernements dans la gestion de la crise financière.

Copé veut accélérer la gauchisation de la droite

sur les questions sociétales.

D’une manière générale, les questions de société posent problème à droite.

déclare-t-il au quotidien La Croix. Le problème étant bien sur que la droite est, selon lui, restée de droite (nous avons un doute !) sur les questions de société. Jean-François Copé à l’art de faire passer d’inadmissibles compromissions et renoncements pour des réaffirmations programmatiques décomplexées. Voyez plutôt :

Il y a dix ans, nous étions totalement inhibés sur ces sujets-là. Nous n’osions parler de rien, même pas dire que l’on était de droite ! (…) il y a un domaine qu’il nous reste à traiter, gigantesque : les questions de société. Il s’agit peut-être du chantier le plus ardu pour nous.

Résumons la « pensée » de Jean-François Copé : être de droite, vraiment de droite, c’est être de gauche sur les sujets de société.

Et de prévenir à propos du texte libéralisant le travail le dimanche :

il ne faut pas se tromper : le débat (NDLR : sur les questions de société) ne sera pas clos quand nous aurons voté ce texte.

Jean-François Copé pense sans doute à la révision des lois de bioéthique ou à la légalisation des parodies homosexuelles de mariage. Pas à l’avortement ! Comme c’est étrange, ces débats qui ne peuvent avoir lieu qu’avant « la marche vers le progrès » (c’est à dire le vote d’une loi bafouant les communautés ou le droit naturel), plus après. Exemple :

L’Europe ? La moitié d’entre nous avait voté non à Maastricht ! Nous avons suffisamment progressé depuis pour proposer aux Français une vraie dynamique programmatique.

La droite doit (pour l’instant) tolérer des idées de gauche en son sein :

La droite est la seule à accepter d’en parler et d’assumer les points de vue divergents.

En attendant de faire table rase de la tradition, du bon sens, de la loi naturelle :

Mais encore une fois, elle n’est pas au clair sur ces questions. Nous avons un corps de doctrine à construire.

Car, bien sûr, personne à droite n’a jamais pensé à édifier un corps de doctrine. Il a fallu attendre l’arrivée de M. Copé pour y songer !

Jean-François Copé prévoit des difficultés lors de la prochaine révision des lois de bioéthique :

Le débat à venir sur les questions de bioéthique, par exemple, va être rude.

Point non-négociable oblige, espérons que l’intuition de Jean-François Copé soit bonne !

Trichet ne sait pas jouer…

Ce jeudi, très probablement, la Banque Centrale Européenne annoncera une baisse de son principal taux directeur de 0,50 point. Les économistes les plus optimistes anticipent même une baisse de 0,75 voire 1 point, ce qui constituerait une première historique pour l’institution de Francfort dont la plus forte réduction de taux n’a jamais dépassé 0,50 point.

 

Pour autant, dix ans après sa création, que dire de l’action de la BCE sinon que celle-ci est un échec et démontre l’irresponsabilité totale de ses dirigeants. La crise financière a déjà éclatée depuis plus d’un an avec les premiers soubresauts des marchés financiers dès l’été 2007. Depuis quinze mois, se succèdent des indicateurs macroéconomiques plus mauvais les uns que les autres qui confirment l’entrée en récession de la Triade dans son ensemble – Etats-Unis, Union Européenne et Japon – et le ralentissement des puissances émergentes, Inde et Chine en tête.

Malgré tous ces signes tangibles, malgré la baisse des taux directeurs amorcée depuis le début de la crise par la majorité des grandes banques centrales de la planète, malgré enfin les appels des politiques et des industriels en faveur d’un assouplissement monétaire, la Banque Centrale Européenne s’est enferrée jusqu’à très récemment à ne voir comme horizon que la menace inflationniste issue des derniers râles de la croissance mondiale passée.

 

Comment une institution – regroupant en théorie des économistes et des experts de qualité, responsable de la politique monétaire de treize pays, de surcroît indépendante stricto sensu à toute pression politique – a-t-elle pu demeurer aveuglé par un mirage éphémère au point de ne pas voir la tempête qui surgissait à l’horizon ?

La réponse est tristement simple. Le socle doctrinaire de la BCE repose sur l’idée que l’inflation est le fléau des temps modernes, la peste et le choléra réunis ou encore l’alpha et l’oméga de l’économie. L’institution de Francfort garde les yeux rivés sur une cible unique alors qu’une bonne politique monétaire revient à trouver un équilibre entre une somme d’objectifs contradictoires. Une action efficace se doit ainsi d’intégrer le triptyque « croissance – stabilité des prix – maîtrise des changes ». Poursuivre ses trois engagements est éminemment plus compliqué que de n’en respecter qu’un mais c’est aussi ce qui fonde la responsabilité d’une banque centrale.

 

Ce n’est malheureusement pas le cas au sein de la zone euro. Pour prendre une comparaison microéconomique, la BCE agit comme une entreprise dont le seul objectif serait la croissance du chiffre d’affaires sans tenir compte du résultat net, du niveau de rentabilité ou encore de la solidité financière. A long terme, une telle politique serait dangereuse pour la santé de l’entreprise. Il en va de même pour les économies qui ont à subir la politique de Monsieur Trichet. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent :

- réaction tardive face à l’explosion de la bulle internet avec un taux directeur à 3,25 % en novembre 2001 alors que la FED était déjà à 2 % à la même époque ; le résultat en fut que l’Europe bénéficia beaucoup moins de la croissance de ces dernières années que les autres zones du monde ;

- hausse incontrôlée de l’euro entre 2002 et 2008 avec une pointe à 1,6038 dollar pour un euro ; le renchérissement des prix à l’exportation constitua un réel handicap pour nombre d’entreprises ;

- en août 2008, soit un mois avant la faillite de Lehman Brothers, la BCE remontait encore son taux directeur à 4,25 % alors même que la FED avait déjà amorcé depuis septembre 2007 son mouvement de baisse des taux qui l’avait conduite à se situer à 2 % à cette même époque.

 

Aujourd’hui, l’écart entre les deux banques est de 2,75 points avec un taux des fonds fédéraux de la FED de 1 %. La zone euro est officiellement en récession depuis plusieurs semaines déjà. Quand on sait qu’il faut compter de 12 à 18 mois pour que la plus grande partie des retombées d’une mesure de politique monétaire sur la production globale soit observée, on peut déjà conclure que, quelque soit la décision de jeudi, la BCE est une nouvelle fois hors jeu et que son inaction constitue d’ores et déjà un facteur aggravant aux difficultés européennes.

Face à de tels délais de répercussion des décisions monétaires, les politiques des banques centrales se doivent d’être prospectives. Il leur faut se projeter dans le temps afin d’anticiper les potentiels retournements de cycles économiques. En restant concentrée sur des indicateurs à court terme tels le rythme d’inflation mensualisé ou le niveau de la masse monétaire, la BCE n’a pas appliqué ce principe de base de toute politique monétaire équilibrée. 

 

Au lieu de venir donner des leçons de morale aux marchés financiers, Monsieur Jean-Claude Trichet ferait mieux de reconnaître son incompétence et de quitter ses fonctions. En outre, la question des objectifs de politique monétaire de l’institution devrait également figurer urgemment à l’ordre du jour des réunions des ministres européens des finances. Enfin, l’absence totale de responsabilité de la BCE face aux autres institutions (notamment le Parlement) renvoi au déficit chronique de démocratie au sein de l’Union européenne et mériterait que l’on s’y intéresse sérieusement.

Mais les idéologies ont la vie dure et il faudra du temps pour en venir à bout… à moins que la crise actuelle ne rebatte les cartes plus vite que prévu.

Non, Nicolas Dupont-Aignan n'est pas le mieux placé pour rassembler

Tribune libre

Nicolas Dupont-Aignan a tenu dimanche 23 Novembre, à la Mutualité, le meeting de lancement de son parti, Debout La République, ancien parti associé à l’UMP. Le notable de l’Essonne prétend être le seul à incarner l’alternance et à pouvoir réaliser l’unité des souverainistes. Est il-le mieux placé pour cela ?

Sur quelle légitimité se fonde Nicolas Dupont-Aignan? Contrairement à Philippe de Villiers, il n’est pas parvenu à obtenir les signatures pour se présenter aux élections présidentielles. Brocardant le “souverainisme ringard” de Villiers, l’élu de l’Essonne oublie qu’il ne joue dans la partition souverainiste que depuis 5 ou 6 ans, alors que le Président du conseil général de la Vendée se mobilise depuis plus de 15 ans contre l’Europe de Bruxelles, avec des scores plus qu’honorables aux élections européennes (12% en 1994, 13,5% avec Pasqua en 1999 et 7% en 2004, face à une liste menée par le même Pasqua ne rassemblant qu’1,5% des voix). La ringardise, aux yeux de Nicolas Dupont Aignan, doit sûrement traduire ce qui est, pour l’ensemble des souverainistes de conviction, un label de cohérence, de légitimité, de longévité et de sincérité dans le combat que nous menons. Et Philippe de Villiers, qui en est aujourd’hui le porte-drapeau médiatique et légitime du souverainisme en France, n’a certainement pas à rougir de ce que recouvre ce qualificatif.

En effet, M. Dupont-Aignan ne peut se prévaloir de sa cohérence politique. Il intègre dans les années 80 le cabinet du Président socialiste de la région Ile de France. Proche de Michel Rocard, il rejoint quelques années plus tard le cabinet de François Bayrou (le plus européïste des hommes politiques français), lorsqu’il fut Ministre de l’Education Nationale. En 2002, Nicolas Dupont-Aignan prend sa carte à l’UMP, en y fondant un “club”, Debout La République. Ce n’est qu’en Janvier 2007 qu’il quitte l’UMP, pour faire ensuite de Debout la République un parti “indépendant”.

Dès lors, notre nouveau héraut du gaullisme entre en croisade pour ressusciter le cadavre du Général. Fustigeant alors le “manque de clarté” de Philippe de Villiers vis-à-vis de Sarkozy, en dépit des alliances NDA-Villiers conclues jadis, l’édile de l’Essonne semble oublier que s’il a pu être élu député en 2007 et maire en 2008, c’est bien grâce au soutien implicite du parti présidentiel, qui n’a pas présenté de candidat contre lui.
Reprochant aussi à Philippe de Villiers l’étroitesse de sa base électorale et partisane, Nicolas Dupont-Aignan, qui fait toujours cavalier seul, paraît ignorer les alliances conclues par le MPF avec le leader du NON irlandais, Declan Ganley, et avec le futur président tchèque de l’UE, Vaclav Klaus, pour les prochaines élections européennes. Lors de la présidentielle de 2007, Philippe de Villiers avait également su capter les renforts de souverainistes venus d’horizons divers. Parmi les soutiens marquants figuraient l’ancien conseiller de Chevènement en 2002, Paul-Marie Couteaux, l’ancien député UMP Jérôme Rivière, et l’ex-FN Jacques Bompard.

En dernier lieu, n’oublions également pas que NDA est membre de la French American Foundation, association atlantiste et européiste, regroupant de nombreux cadres de l’UMP, du PS et un certain nombre de chefs d’entreprise du CAC 40. Ce qui est manifestement bien curieux pour quelqu’un qui se prétend gaulliste et patriote.

F.

Crise : et si le pire était à venir en Europe ?

par Charles Gave

Les commentaires faits sur la situation du Vieux Continent ont un côté surréaliste. Le pelé, le galeux serait les banques américaines, et la crise en Europe ne serait que la conséquence de ce qui se serait passé outre-Atlantique. Si seulement c’était vrai…

Les banques européennes ont en effet prêté l’équivalent de 4.500 milliards de dollars aux pays d’Europe de l’Est, c’est-à-dire à peu de chose près leurs fonds propres. Un pays comme l’Autriche a prêté à ses voisins environ 80 % du PNB autrichien. Et une grande partie de ces pays sont dans une situation critique, de la Bulgarie, avec un déficit extérieur de 25 % du PNB, à la Hongrie (8 %) en passant par les pays Baltes (environ 10 %) – la Tchéquie et la Pologne sont dans une situation un peu meilleure. A l’exception des Etats-Unis, qui peuvent financer leur déficit extérieur avec leur propre monnaie, tous les autres pays doivent trouver des capitaux à l’extérieur quand ils ont un déficit commercial. Ces financements peuvent être de deux formes.

1. Des investissements directs. Ainsi, une part importante des déficits extérieurs de la Slovaquie ont été financés par des investissements directs effectués par les grands constructeurs automobiles européens ou japonais.

2. Des emprunts à court terme financés par les banques locales auprès des banques étrangères (souvent leur maison mère) pour financer, par exemple, des achats immobiliers dans le pays par les consommateurs locaux. En Hongrie, par exemple, près de 80 % des prêts immobiliers ont été libellés en euros ou en francs suisses, tant la différence de taux était importante.
Ces deux sources de financement se tarissent à toute vitesse. Plus une seule grande société internationale ne parle d’augmenter ses investissements où que ce soit, et plus aucune banque n’est en mesure de financer les déficits extérieurs de pays douteux.

Les déficits extérieurs ne peuvent plus être financés ? Ils vont donc disparaître. Ce qui veut dire en termes simples que ces pays vont connaître une très forte récession (baisse de la demande intérieure pour s’ajuster a la baisse du niveau de vie), accompagnée probablement par un effondrement de la monnaie. Tout cela amène à une quasi-disparition des importations, qui se trouvent être nos exportations. Nous avons eu un exemple de ce processus lors de la crise asiatique et russe en 1997-1998. Souvent, l’intervention du FMI devient une obligation. Cet état de fait, presque inéluctable, a un certain nombre de conséquences.

Nos banques vont devoir encaisser des pertes considérables. Pour mettre les choses en perspective, la crise du subprime portait sur 1.000 milliards de dollars. Nous parlons ici de 4.500 milliards…

Nous sommes donc en train de rentrer en Europe dans une crise bancaire à la limite beaucoup plus grave que celle qui sévit aux Etats-Unis, accompagnée par un ralentissement des exportations sans précédent, le tout sur fond de crise mondiale et d’effondrement de la consommation domestique.
Cela amène à deux conclusions au niveau macroéconomique : l’inflation va devenir négative partout en Europe, comme elle l’est déjà aux USA sur les trois derniers mois (- 4 % annualisés), et les économies européennes vont connaître une récession profonde.

Compte tenu de ces développements quasi inévitables, il y a deux choses que je ne comprends pas. La première, c’est ce que font les taux de la BCE à 3,25 %. Ils devraient être à 1 %.
La deuxième, c’est ce que fait l’euro à 1,25 dollar. La rentabilité sur capital investi en Europe s’effondre, les déficits budgétaires explosent, le système bancaire implose (ou va imploser), et l’euro est surévalué d’environ 20 % vis-à-vis du dollar en parité des pouvoirs d’achat, et bien plus contre les monnaies asiatiques, le sterling ou la couronne suédoise… Incompréhensible.
Je réitère ce que je ne cesse de dire depuis des mois. L’Europe est dans une situation très difficile, encore plus sans doute que les Etats-Unis, et est gérée par une banque centrale d’une incompétence inimaginable et toujours en retard d’une guerre.

Eviter tout ce qui touche à l’Europe de l’Est, et au système bancaire européen, et conserver en dollars son cash semblent donc être de mise.

Source.

Vaclav Klaus remet en place les eurofédérastes

La visite d’Etat en Irlande du président tchèque Vaclav Klaus s’est conclue mercredi par un vif incident diplomatique avec Dublin sur le traité de Lisbonne, qui menace de compliquer la recherche d’une issue à la crise européenne née du « non » irlandais en juin dernier.

Alors que le ministre irlandais des Affaires étrangères Micheal Martin a critiqué sur la radio RTE des propos « déplacés » du président tchèque, qui avait soutenu Libertas, une organisation hostile au traité de Lisbonne fondée par le mystérieux et charismatique homme d’affaire Declan Ganley, Vaclav Klaus a répliqué en termes très peu diplomatiques.

« Une hypocrisie de ce type, je ne l’accepte pas. Si quelqu’un ne me plaît pas, je le lui dirai en face et non derrière son dos », a déclaré à la presse tchèque le président Klaus, dont le pays prendra la présidence tournante de l’Union européenne en janvier.

« J’ai vraiment senti d’immenses problèmes avec la démocratie en train de disparaître en Europe, mais quand je vois les réactions du ministre des Affaires étrangères de l’Irlande et d’une partie de la presse (irlandaise), je pense que c’est encore pire que ce à quoi je m’attendais« , a ajouté le Président Klaus. A l’origine de cet échange d’amabilités, un dîner organisé mardi soir à Dublin par l’organisation Libertas, l’un des fers de lance du « non » au traité, en présence de Vaclav Klaus et du fondateur de Libertas, l’homme d’affaires Declan Ganley.

Ce dernier avait été l’un des plus ardents défenseurs du « non » au traité de Lisbonne rejeté par plus de 53 % des Irlandais, provoquant une crise institutionnelle majeure dans l’Union européenne.

Le président tchèque a participé à ce dîner dans le cadre de la partie « privée » de sa visite d’Etat de trois jours, entamée lundi, avait insisté son entourage.

Lors d’une conférence de presse commune avec M. Ganley, M. Klaus a déclaré « craindre que la liberté et la démocratie ne sortent pas grandies par la ratification du traité de Lisbonne, au contraire ».

« Pour cet aspect des choses, je partage l’opinion de M. Ganley », a-t-il déclaré. « Je dirais que les Tchèques partagent l’opinion des Irlandais. »

M. Klaus n’a pas hésité à comparer M. Ganley aux dissidents de son propre pays à l’époque soviétique, notamment son prédécesseur Vaclav Havel. « Je pense que M. Ganley est un dissident, une sorte de dissident dans le dispositif européen actuel », a-t-il estimé.

Le chef de la diplomatie irlandaise, dont le gouvernement a vainement plaidé pour un « oui » au traité de Lisbonne, a dénoncé mercredi des « commentaires très clairement politiques ». De tels propos constituent « une intervention déplacée dans le contexte d’une telle visite d’Etat, particulièrement au moment où le gouvernement irlandais discute avec ses partenaires européens au nom du peuple irlandais ». Les Irlandais que le gouvernement veut faire revoter jugeront de la pertinence du propos.

Il a toutefois rappelé que M. Klaus, dont l’influence est forte mais les pouvoirs limités dans son pays, « ne représente pas l’opinion du gouvernement tchèque lorsqu’il s’exprime sur l’Europe ».

Notoirement eurosceptique, Vaclav Klaus a usé de son influence pendant des mois pour tenter de persuader son pays de ne pas ratifier le traité de Lisbonne, qui selon lui donne trop de pouvoir à Bruxelles.

Mais ses propos à Dublin ont pris un relief inhabituel du fait que la République tchèque doit prendre la présidence tournante de l’Union européenne en janvier prochain, et alors que Dublin réfléchit à la tenue d’un deuxième référendum sur le traité. Le Premier ministre Brian Cowen a promis de présenter des propositions pour contourner le « non » irlandais au sommet européen de décembre.

De leur côté, la présidence tchèque et le gouvernement négocient actuellement pour définir quel sera le rôle exact du chef de l’Etat pendant ce mandat européen, la Constitution tchèque ne prévoyant rien à ce sujet, selon des sources institutionnelles concordantes à Prague.

Le Président Klaus est un habitué des déclarations politiquement incorrectes. Il est notamment hostile à l’écologisme et à la deep ecology particulièrement en vogue ces derniers temps (certes troublés!).

The Great Ganley

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Daniel Cohn-Bendit croit déceler derrière le "non" irlandais… l'empreinte de la CIA !

Grand éclat de rire. Declan Ganley vient d’apprendre par téléphone que le Parlement européen à Bruxelles a publié un communiqué disant qu’il interrogeait le Congrès américain sur les liens troubles qu’il pourrait entretenir avec la CIA.
Celui qui fût le leader du « non » au traité de Lisbonne est un habitué des rumeurs que font courir sur lui les partisans du « oui » et leurs relais journalistiques, depuis la campagne du référendum en Irlande. A à peine quarante ans et sans avoir jamais fait de politique, par son charisme, sa décontraction et son discours « pour une Europe démocratique, transparente et responsable », Ganley a désenclavé le « non » et touché le cœur des Irlandais. Impossible de le ringardiser, il fallait trouver autre chose. « Rivada network », son groupe de télécom, est florissant outre-atlantique et il a eu le Pentagone pour client (en Louisiane après le cyclone Katrina) : le « non » irlandais est donc un « coup des américains », pardi !
Le 25 septembre, à Bruxelles, sur la foi de cette rumeur reprise par la presse allemande, Daniel Cohn-Bendit, qui n’est pas à un sophisme près, et ses collègues présidents de groupes politiques partisans du « oui », ont donc lancé le Parlement européen dans une enquête sur le financement du « non » irlandais.
Pour l’ancien leader anarchiste devenu député, lui-même expulsé de France fin mai 1968 pour ses liens supposés avec la CIA, les électeurs irlandais ont tout simplement été « achetés » par les services secrets américains, via Ganley et sa fondation Libertas. C’est à n’y plus rien comprendre : on croyait justement que Washington, échaudée par le « non » français à la guerre d’Irak, avait besoin d’une Europe unifiée disant « oui » à tout grâce au mécanisme de décision à la majorité qualifiée, et que la CIA avait d’ailleurs fondé, dirigé et financé le mouvement fédéraliste européen pendant vingt-cinq ans à travers l’ »American Committee for United Europe » (ACUE) (Lire; notamment Rémy Kauffer, « Quand la CIA finançait la construction européenne », Historia, 27 février 2003 et Eurofederalists financed by US spy-chiefs ). Qu’importe ! Ganley serait un « néocons » (néo-conservateur), agent de la CIA, peut-être du Mossad, favorable une guerre contre l’Iran, à l’entrée de la Turquie, etc : qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage. Cette nouvelle théorie du complot amuse le leader du « non » qui sait qu’elle n’a qu’un but : tenter de déstabiliser la principale force d’opposition au traité de Lisbonne avant le second référendum en Irlande et les élections européennes de juin 2009.
Lire aussi :

Union européenne : "l'angoisse a remplacé l'espérance"

Le député CNI Christian Vanneste (blog/site) a été interrogé par le Journal L’indépendance de Paul-Marie Coûteaux : 

En tant que député , comment mesurez-vous le poids de la réglementation européenne sur les délibérations parlementaires françaises ?

Christian Vanneste • La lucidité nous oblige à constater une diminution considérable de la souveraineté du Parlement français. Elle est généralement quantifiée à hauteur de 70% de la production de textes juridiques nouveaux. J’ai moi-même été rapporteur d’une loi portant sur les droits d’auteur et les droits voisins sur internet, qui n’était que la transposition d’une directive européenne. Beaucoup de députés français ne semblaient pas avoir assimilé cette notion et pensaient, à tort, que l’on pouvait aller au-delà des limites imposées par le texte initial. Par ailleurs, l’intervention parlementaire nationale se trouve également encadrée par les textes fondamentaux comme la Convention européenne des Droits de l’Homme, qui a une valeur juridique supérieure aux textes fondamentaux français, puisqu’elle peut servir de base à un recours, et par les règles européennes en matière budgétaire et fiscale.

Comment interprétez-vous le Non irlandais ?

Christian Vanneste • Le Non irlandais me parait une révolte salutaire contre trois aspects particulièrement antipathiques de la construction européenne : en premier lieu, celle-ci est technocratique et non populaire ; en second lieu, elle donne le sentiment aux populations de les exposer au lieu de les protéger ; enfin, elle ne respecte pas suffisamment, et contrairement aux intentions souvent proclamées, le droit à une vraie diversité, celle qui tient à l’Histoire, à la culture, et au fait que, dans l’Europe chrétienne, certains pays tiennent davantage à conserver cette tradition essentielle que d’autres.

En tant qu’élu dans une circonscription du Nord, particulièrement sensible au thème européen, observez-vous chez vos administrés un intérêt ou une inquiétude sur l’évolution de l’UE ?

Christian Vanneste • L’évolution des nordistes, à l’égard de l’Europe, est révélatrice. un département victime de nombreuses guerres européennes et ayant pour voisins des pays alliés, la Belgique et le Royaume-Uni au-delà de la mer, avec lesquels il entretient des relations économiques denses depuis fort longtemps, animé par un courant social-chrétien important réunit tous les atouts pour être, plus que d’autres, porteur de l’espérance européenne. Les votes qui se sont exprimés dans le cadre des référendums montrent une évolution contraire : les nordistes jugent l’UE éloignée de leurs préoccupations et incapable de les protéger contre les menaces que sont le chômage, la délinquance liée à la drogue et à l’immigration clandestine. L’intérêt d’hier a donc laissé la place à l’inquiétude. il serait plus juste de dire que l’angoisse a remplacé l’espérance.