par Jeanne Smits, directeur de la rédaction de Présent
Il s’agissait avant tout de lever un « tabou » : Maxime Verhagen, ministre néerlandais des Affaires étrangères qui a travaillé en étroite collaboration avec Rama Yade a décrit ainsi l’opération montée devant l’ONU pour faire adopter une déclaration – non contraignante – sur la dépénalisation de l’homosexualité. Lors d’une table ronde organisée jeudi dans la salle des audiences plénières à New York, une minorité de pays (66, dont les 27 de l’Union européenne, le Japon, le Mexique et le Brésil) ont voté le texte dont Présent vous a donné en exclusivité la traduction française (notre numéro de samedi dernier).
Sur 192 pays membres, 66 signataires ne pèsent pas si lourd, numériquement, d’autant que les Etats-Unis, la Chine et la Russie n’ont pas approuvé la déclaration promue avec beaucoup d’énergie par la diplomatie française. Il y a même eu une contre-déclaration, forte de 60 voix, menées notamment par les pays islamiques : dans sept pays, les actes homosexuels sont punis de mort.
Mais comme l’a souligné Verhagen, « pour la première fois dans l’histoire, un groupe important d’Etats membres s’est prononcé à l’Assemblée générale contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ».
Où l’on voit le détournement immédiatement opéré par ceux qui, sous couleur d’en finir avec des peines criminelles, cherchent en réalité à imposer l’interdiction de toute « discrimination », c’est-à-dire toute différence de traitement. Le texte invoque clairement cette « orientation sexuelle » dont le libre choix est revendiqué par le lobby « LGBT » (lesbiennes-gays-bi-trans), et aussi « l’identité de genre », retranscription dans le droit de l’idéologie du genre, pour qui les différences entre les sexes ne sont que des données culturelles.
Le Vatican n’a évidemment pas voté la déclaration contre laquelle il avait mobilisé l’opposition. Il a simplement déclaré qu’il souhaitait l’abandon des peines criminelles pour les actes homosexuels et condamnait les violences envers les personnes homosexuelles – objectif seulement apparent du texte – en précisant, par un communiqué officiel de sa délégation :
« En particulier, les catégories “orientation sexuelle” et “identité de genre” utilisées dans le texte, ne sont ni connus ni clairement définis d’un commun accord dans le droit international. S’il fallait les prendre en compte dans la proclamation et la mise en œuvre des droits fondamentaux, cela créerait une grave incertitude au sein de la loi. »
Le langage de la discrimination adopté par la Déclaration traduit en effet une volonté d’imposer ce pour quoi l’Union européenne, notamment, la France et les Pays-Bas en tête, militent plus ou moins ouvertement. L’accès à tous les droits civils : mariage ou union civile, le droit d’adoption pour les homosexuels, droits fiscaux, absence de discrimination au travail, répression de l’« homophobie » comprise comme toute présentation défavorable des comportements homosexuels.
Si les Etats-Unis ont répugné à signer la déclaration (mais Obama arrive…), c’est notamment pour sauvegarder leur droit de ne pas recruter d’homosexuels au sein de leur armée. Plus largement, la signature d’un texte comme celui défendu par la France entraverait à terme toute volonté d’écarter des homosexuels de certaines charges ou métiers (en relation avec l’enfance ou la célébration du culte par exemple).
L’exemple espagnol
Tout cela n’est pas simple littérature ou débats sans conséquences. L’Espagne, en pointe, avec Zapatero, pour imposer le nihilisme de la confusion des sexes, poursuit actuellement un juge qui a « retardé » une procédure d’adoption d’une petite fille par la « compagne » de sa mère.
Le juge Fernando Ferrín Calamita, président du tribunal des Familles de Murcie, attend la sentence d’une juridiction devant laquelle il est poursuivi pour « prévarication ». A l’audience, le 3 décembre dernier, le procureur a réclamé contre lui 9 mois de prison et 18 ans d’interdiction d’exercer, au motif qu’il avait réclamé des informations techniques approfondies et une enquête personnelle dans le « foyer » des lesbiennes pour déterminer si l’adoption était conforme au bien de l’enfant. Ce retard dans le traitement du dossier en fait un affreux persécuteur des homosexuels. Ce juge catholique assure ne pas avoir agi par préjugé religieux ; il affirme signer de nombreux jugements de divorce alors qu’il est personnellement contre ; il a seulement mis en cause des rapports psychologiques favorables insuffisamment argumentés.
Viendra le jour où de tels juges seront enfermés…
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