Ah! Le foot…De doux rêves de victoires, faire revivre en nous des émotions vieilles de 10 ans. Nous avions déjà un parfum de 12 juillet 1998 dans les narines. Et sur les lèvres, le mot France, comme sorti d’un autre âge. Dans les yeux, les reflets bleu blanc rouge d’un drapeau ondulé par le vent. La main sur le coeur en écoutant la Marseillaise, nous nous apprêtions à bondir à la moindre tentative de but, brandissant nos drapeaux et nos bannières, comme ultime témoignage d’une fierté permise et tolérée.
Et puis la désillusion. 2-0 : c’est pas comme si l’on pouvait accuser les Italiens d’antijeu, de tromperies, de simulations. C’est pas comme si « la chance avait joué en leur faveur ». C’est pas comme si le penalty n’était pas mérité. Non, c’est une claque. Le genre « Merci d’avoir joué, revenez quand vous saurez vraiment le faire ».
Eh bien ? Que c’est-il passé ? Où est passé la France victorieuse de 1998 ou de 2006 ? La France Black Blanc Beur, « la diversité est une force », vous vous souvenez ? Des mains de toutes la couleurs tenant la coupe du monde, Zidane embrassant la coupe, les Champs Elysées fièrement parsemés de drapeaux marocains et algériens, une auréole de gloire pour des stars, nouveaux dieux d’une religion centrée sur le ballon-hostie. Le seul moment où vous pouvez entendre de la musique sacrée ou classique sur TF1 est lors de la présentation de la ligue des champions, dont l’hymne est extrait de la messe de couronnement de Georges V. Ses Grands messes, le match, ses prêtres tout puissants, les arbirtres, ses cathédrales avec le stade de France, et son anticléricalisme, ceux qui ne supportent pas le foot…Les supporters de foot reproduisent dans les stades ce qui leur manque, une foi et une religion. Passons.
Je n’ai jamais compris en quoi la diversité était une force, et je n’ai jamais adhéré à une France Black Blanc Beur. Je n’y crois pas, tout simplement. Non pas que les noirs ou les arabes ne soient pas les bienvenus, au contraire. C’est le modèle black blanc beur qui m’agace. S’ils réussissent, c’est simplement qu’ils ont travaillé dur, et que le travail paye…Ce que l’on a tendance à oublier dans une France gréviste et fatiguée. Et pour ne pas dire que le travail donne des résultats, on préfère dire que c’est la diversité est payante, et qu’elle supplantera toujours l’homogénéité d’une équipe sans footballeurs « issus de la diversité ».
Le nouvel homme modèle est le métis, l’équivalent de l’aryen chez les nazis, ou du prolétaire chez les communistes. Dire que la diversité est une force, c’est avouer tacitement que l’homogénéité est un défaut, une anomalie qui se doit d’être corrigée. Il s’agit donc d’une rhétorique qui précède son cortège de totalitarismes, de discriminations (positives ou pas), de lois de protection de minorités, etc…
La défaite de la France est là pour rappeler de temps à autre que la diversité n’a rien à voir avec la victoire et que le travail paye beaucoup plus. D’autant plus que la France cherche dans le football une puissance et une importance qu’elle a perdu depuis longtemps en politique. Âpre retour au réel.
J’ajouterais enfin que la diversité est un état de fait, non une qualité ou une force. Un pays de guerre civil est un payé de diversité : diversité des opinions, des peuples ou des intérêts. Ce qui importe dans la diversité, c’est la compréhension et la Charité, qui seules peuvent garantir une paix sociale à peu près durable. A l’heure actuelle, ne pouvant plus parler de compréhension ou de Charité tant elles sont inexistente en France, nos élites et nos commentateurs préfèrent parler de la diversité en soi, comme s’il avait un quelconque intérêt. La tour de Babel n’est plus très loin. Et la chute de l’équipe de France est la destruction de Babel.